Rite de Cerneau


HISTORIQUE DU RITE DE CERNEAU
Joseph Cerneau : ( Villeblevin 1765 après 1846) Fils d'Elme Etienne Cerneau, directeur de l'école primaire de Villeblevin, et de Félicité Perpétue Gâteau, le rôle important joue par Joseph Cemeau dans l'histoire du Rite Ecossais Ancien et Accepte  n'est pas encore aujourd'hui défini avec précision. 
En 1801, sur le tableau de la Réunion des Cœurs Franco-américains constituée en 1789 à Port-au-Prince par la Grande Loge de Pennsylvanie  avec le n° 47, loge  dont le vénérable maître est alors le notaire Germain Hacquet, Joseph Cerneau est garde des sceaux et archives de la loge, marchand orfèvre de profession. Lorsque la Grande Loge de Pennsylvanie fonde une Grande Loge Provinciale pour Saint-Domingue en janvier 1802, il y occupe les fonctions de Second Grand Surveillant. 
Deux ans plus tard, réfugié à Cuba, il adresse à la Grande Loge de Pennsylvanie une pétition pour créer la loge Le Temple des Vertus Théologales à La Havane, qui reçoit le n° 103, et dont il est vénérable  fondateur.
 Le 15 juillet 1806, à Baracoa, Antoine Mathieu-Dupotet le crée "député Grand Inspecteur pour la partie du nord de l'île de Cuba" et lui remet une patente à cet effet. 
Une lettre de sa loge, lue à Philadelphie en janvier 1807 devant la Grande Loge, fait son éloge et explique qu'à la suite des dénonciations de frères indignes, Cerneau et sa famille ont été expulsés de Cuba. 
Arrivé à New York en novembre 1806 Cerneau s'y lie d'amitié avec John W. Mulligan (1768-1862), futur Grand Trésorier (1814) et député Grand Maître (1820) de la Grande Loge de New York, et fonde avec lui plusieurs ateliers, dont un Grand Consistoire en octobre 1807 et un Grand Conseil, "De la Très Sainte Trinité", le 28 octobre 1808, lequel annonce sa création dans une lettre lue le 7 décembre suivant à la Grande Loge de New York. Dans le New York City Directory de 1809-1810, Cerneau est porté comme Grand Inspecteur Général, ancien Grand Commandeur et membre de ce Souverain Grand Conseil de Princes du Royal Secret. 
Le 2 janvier 1810, il devient membre de la Washington Lodge n° 21 (Grande Loge de New York) à laquelle il appartiendra jusqu'a son retour en France. 
Deux jours plus tard, un imprimé anonyme attaquant Cerneau avec violence est publié à Philadelphie. 
Le 25 mai 1812, dans des circonstances aussi obscures que celles qui présidèrent à la fondation du Suprême Conseil de Charleston  en 1801, Cerneau ouvre un Suprême Conseil à New York. 
Le 4 décembre suivant, un député de ce Suprême Conseil forme le Grand Consistoire de Louisiane  à la Nouvelle Orléans. 
Le 14 septembre 1813, une rencontre à lieu à New York entre Joseph Cerneau et Emanuel de La Motta, membre du Suprême Conseil de Charleston (Dalcho ). 
Elle se termine par une fin de non-recevoir réciproque, chacun des protagonistes refusant de reconnaître l'autorité de l'autre, et donne naissance à une polémique dans la presse new-yorkaise. 
En janvier 1813, La Motta déclare expulser Cerneau de la Franc-Maçonnerie avec l'approbation du Suprême Conseil de Charleston. 
Mais il n'est nullement établi que la fondation d'un Suprême Conseil à New York par La Motta ait alors reçu la même approbation, ni même qu'elle ait été portée à la connaissance du Suprême Conseil de Charleston. 
Pendant les années suivantes, le Suprême Conseil (Grand Consistoire) de Cerneau crée de nombreux ateliers aux Etats Unis alors que le Suprême Conseil de Charleston et celui de La Molta (New York) n'en fondent aucun. Germain Hacquet est son représentant auprès du Suprême Conseil de France en 1811, auprès du Suprême Conseil du Grand Orient  de France en 1816. 
La confusion est à son comble lorsque le Grand Commandeur Dalcho, au mois de décembre 1821, propose à Cerneau de partager le territoire des Etats Unis  entre leurs Suprêmes Conseils respectifs. 
En 1826, les ateliers de hauts grades , fondés à Charleston par Cerneau, avaient à leur tête le Grand Maître et l'ancien Grand Maître de la Grande Loge de Caroline du Sud Au mois de novembre 1827, Joseph Cerneau retourne en France, muni d'un document, qui à été découvert et publié en 1998, dans lequel ses frères new-yorkais lui expriment leur reconnaissance. 
En 1841 et 1842, il recevait un secours financier du Grand Orient de France. Son certificat de membre d'honneur de la Grande Loge de Cuba porte trois visas de loges qu'il visita en France, dont le dernier fut apposé le 28 juin 1846 par les Cœurs Unis à l'orient de Melun. 
Le caractère et l'activité maçonnique de Joseph Cerneau ont été l'objet de violentes attaques depuis plus d'un siècle. 
Mais l'historien de la Washington Lodge écrit à ce sujet : "Le frère Cerneau semble avoir été un maçon enthousiaste aussi bien qu'un organisateur. 
Pendant les dix-sept années de son appartenance à notre loge et, en tant que tel. à la Grande Loge [de New York], nous n'avons rien trouvé dans les archives de ces deux corps permettant d'ajouter foi aux accusations portées contre lui". 
Les ateliers que le Suprême Conseil de Cerneau avait fondés aux Etats Unis (et au Brésil) devaient empoisonner l'existence des deux Suprêmes Conseils des Etats Unis pendant le XIXème siècle. 
Le grand commandeur Albert Pike  consacra de nombreux articles à démontré leur irrégularité. 
Mais comme à ce jour aucun document n'a permis de déterminer l'autorité en vertu de laquelle le Suprême Conseil de Charleston fut fondé, la question ne peut être tranchée en droit sinon en fait. 
L'expression "Rite de Cerneau" ne recouvre aucune réalité. 
Jusqu'en 1812, en vertu de la patente qu'il avait reçue en 1806, Joseph Cerneau et les ateliers fondés par lui pratiquaient les 25 grades de l'Ordre du Royal Secret d'Estienne Morin.